Les nouvelles des écoles du Burundi

La pauvreté est la principale cause d'absentéisme scolaire

Au lendemain de la guerre civile (1993-2005), le Burundi a connu un taux de pauvreté très élevé, ce qui a amené une grave famine. La pauvreté à la campagne pousse encore aujourd'hui de nombreux enfants et jeunes à trouver du travail et à gagner de l'argent au lieu d'aller à l'école, pour répondre aux besoins essentiels de la famille. Malgré la gratuité de l'enseignement, cela reste une des causes majeures d'absentéisme scolaire et des risques d'abus et d'exploitation d'enfants et de jeunes.  

Les filles, les premières victimes

Le pourcentage de filles terminant leurs études au Burundi reste également très faible. Cela est dû, entre autres,du fait qu'elles risquent de tomber enceintes très tôt car elles sont peu sensibilisées à l’éducation sexuelle et à la santé reproductive. Souvent, lorsque les filles tombent enceinte, leur vie change radicalement. Elles doivent arrêter l'école et/ou sont forcées de se marier pour obtenir une dot substantielle.

Clubs de jeunes pour l'action

Dans ce contexte, KIYO, conjointement avec APRODEM, promeut les droits des jeunes en leur donnant la parole et en initiant des processus de changement avec eux. À Kayanza, nous travaillons à un projet qui place les droits de l'enfant au centre du contexte scolaire. Pour cela, APRODEM développe des stratégies et des activités qui protègent les enfants et les jeunes contre les abus et la discrimination et leur donnent la possibilité de faire valoir leurs droits.

L'une des activités clés est ici la création de « clubs scolaires », accompagnés d'un enseignant bénévole. Ces clubs développent la participation des jeunes. Ils/elles se choisissent eux/elles-mêmes un.e président.e, un.e vice-président.e, un.e trésorier.e,… et déterminent ensemble les diverses activités qu’ils/elles souhaitent mener ainsi que les thèmes sur lesquels ils/elles souhaitent travailler dans le contexte scolaire.
Le slogan de l'un de ces clubs est par exemple, « solidarité, paix et charité ». Pour répondre et essayer de manager les conflits pouvant apparaitre entre les participant.e.s, un autre «club scolaire» s'est concentré sur la médiation des conflits. Grâce à cette initiative, le nombre de conflits à l'école a considérablement diminué. Un club s'attache autrement à réduire le nombre de jeunes en décrochage scolaire. Tandis qu'un autre club de jeunes définit d'autres axes de travail comme promouvoir la coexistence pacifique, protéger les enfants et lutter contre les injustices à l'école et à la maison. Un sketch sur la violence liée au genre a pu être réalisé dans le contexte scolaire. Dans celui-ci, un garçon nie que l'enfant de sa petite amie enceinte soit le sien et le père de la fille a voulu la punir. Après les sketches, un temps d'échange est toujours organisé avec les jeunes. La communauté (autres enseignants, parents, ...) y est également impliquée. D'autres clubs diffusent également des émissions de radio sur différents thèmes.

Il existe de nombreux parallèles à établir entre un conseil d’étudiants tel que nous le connaissons en Belgique et les « clubs scolaires » et nous pensons que de nombreuses écoles en Belgique peuvent apprendre beaucoup de ces clubs de jeunes (par ex: le degré élevé d’autonomie de ces clubs, le la créativité qui est montrée pour rendre les thèmes négociables et le lien qui est fait avec la communauté large)

Plus d'infos sur l'ONG Kiyo

Sketch contre la violence liée au genre
Club de jeunes en action

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